Pourquoi les protestants ne croient pas en Marie ?

Historiquement, le protestantisme français a été construit comme une alternative à une église catholique surdominante. C’est la caricature du réformé à qui on demande ce en quoi il croit et qui répond : « Je ne crois pas au pape, et dans notre maison le curé a le droit de se marier ! En ce sens, le protestant ne parle pas de Marie pour la simple raison que les catholiques en parlent, ce qui est dommage, car le portrait que l’Évangile peint de Marie s’intègre facilement dans une théologie de la grâce.

« Je suis le serviteur du Seigneur »

Les réformateurs sont cependant moins discrets à l’égard de Marie, et le commentaire de Luther sur le Magnificat est un joyau de la spiritualité protestante. Il met les paroles de foi dans la bouche de la mère de Jésus : « Dieu a jeté les yeux sur moi, un enfant pauvre qui est méprisé et sans apparence ; il aurait trouvé des reines ou des filles de prince ou de grands seigneurs, riches, élevés, nobles et puissants, mais c’est sur moi qu’il a jeté son regard de pur la gentillesse, et c’est ainsi qu’il a utilisé pour lui une humble fille méprisée, afin que personne ne se vante devant lui qu’il avait été ou qu’il était digne ».

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Marie est l’icône d’une grâce accueillie au plus profond de notre pauvreté humaine. Le réformateur a ainsi dessiné le portrait d’une Marie « protestante » caractérisée par une foi pure et claire. Souvenons-nous des faits. Un ange : qu’est-ce qu’un ange ? — annonce à une jeune fille de 15 ans qu’elle va tomber enceinte, qu’elle risque d’être la honte de sa famille et la risée de son village. Et elle répond : « Je suis la servante du Seigneur, viens à moi selon ta parole » (Luc 1:38).

Les chemins de la confiance

Le oui de la foi à ce qui se passe, au-delà de la morale et des conventions : avoir confiance en une parole plus grande que nous-mêmes. Sur cette annonce, l’Évangile place un hymne dans la bouche de Marie qui s’avère avoir l’intuition de ce qui sera la révolution théologique et spirituelle de l’Évangile : le La présence de Dieu ne se manifeste pas dans la force, la gloire et la victoire, mais dans l’acceptation, l’humilité et le partage : « Il a fait tomber les puissants de leurs trônes, les humbles ressuscités » (Luc, 1:52). Pour les protestants, Marie de Nazareth n’est pas une mère, mais une petite sœur dans la foi qui nous montre les chemins de la confiance.

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Antoine Nouis est pasteur et théologien, ancien directeur de la Réforme et fondateur de Campusprotestant.

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