Oublier la taxe de séjour, c’est risquer la mauvaise surprise à l’arrivée, un peu comme découvrir la note salée d’un dîner qu’on croyait tout compris. Cette contribution, collectée par les communes, s’ajoute au tarif de la nuitée et alimente le budget destiné à améliorer les infrastructures touristiques. Elle concerne la plupart des hébergements payants : hôtels, campings, résidences de tourisme, meublés… Impossible d’y échapper lors d’un séjour, qu’il soit professionnel ou récréatif.
Qu’est-ce que la taxe de séjour ?
La taxe de séjour désigne une participation financière demandée par les communes ou les EPCI (établissements publics de coopération intercommunale) pour chaque nuitée passée dans un hébergement touristique. Décidée par le conseil municipal ou l’organe délibérant de l’EPCI, elle a un objectif clair : soutenir les investissements liés à l’accueil et à la promotion du tourisme sur le territoire.
Montant et collecte
Le prix de la taxe de séjour dépend à la fois du type d’hébergement (chambre d’hôtel, camping, résidence, etc.) et de la commune où vous posez vos valises. Les élus locaux fixent les montants lors de débats en conseil, en tenant compte du classement des établissements. De plus en plus souvent, des plateformes de réservation en ligne telles que Airbnb, Booking ou Abritel prélèvent directement la taxe lors de la réservation : une automatisation qui évite les oublis et simplifie la vie des voyageurs.
Déclaration et obligations
Les hôtes ont l’obligation de reverser la taxe à l’administration fiscale. Grâce à l’intégration directe de la taxe dans le tarif affiché par les plateformes de réservation, la procédure est devenue plus fluide, limitant les démarches pour les propriétaires et garantissant aux collectivités une collecte régulière.
Utilisation des fonds
Concrètement, la taxe de séjour finance une gamme de projets locaux. Parmi les usages fréquents, on retrouve notamment :
- La réalisation ou rénovation d’équipements urbains
- La valorisation des activités touristiques sur place
- L’entretien et l’amélioration des infrastructures locales
En fin de compte, la taxe de séjour façonne l’attractivité du territoire et alimente l’économie locale, pierre après pierre.
Qui doit payer la taxe de séjour ?
Dès lors qu’un séjour s’effectue dans un hébergement touristique, la taxe de séjour s’applique. Qu’il s’agisse d’une chambre d’hôtel, d’un emplacement de camping ou d’un appartement loué, le vacancier règle cette contribution, en supplément du prix affiché. Les intermédiaires en ligne (Airbnb, Booking, etc.) l’incluent souvent dans leur processus de réservation pour plus de transparence et de simplicité.
Pour y voir plus clair, voici les profils les plus fréquemment concernés :
- Les voyageurs logeant dans des hôtels, quelle que soit la catégorie
- Les locataires d’un meublé de tourisme, qu’ils passent par un particulier ou un professionnel
- Les campeurs, sous tente ou en caravane, sur des emplacements dédiés
Le montant varie suivant le type et le classement de l’hébergement. Comme pour le montant, ce sont les conseils municipaux ou les délibérations des EPCI qui tranchent sur la grille tarifaire, avec la possibilité d’ajuster selon les particularités locales.
La collecte s’effectue par le gestionnaire de l’hébergement ou l’hôte, qui reverse ensuite la somme à l’administration fiscale. Les plateformes de réservation automatisent le plus souvent ce versement, évitant ainsi aux voyageurs de devoir régler sur place.
À noter : certaines catégories de personnes échappent à la taxe, notamment les mineurs, les travailleurs saisonniers employés sur place, ou encore les personnes hébergées dans le cadre d’une urgence. Les règles d’exonération, décidées localement, diffèrent parfois d’une commune à l’autre.
Quels sont les tarifs de la taxe de séjour ?
Le tarif de la taxe de séjour n’est pas uniforme : il dépend du type d’hébergement, de son classement, et des choix faits par la collectivité locale. Le conseil municipal ou l’organe de l’EPCI adopte chaque année une délibération pour fixer ces montants.
Voici un panorama des tarifs habituellement pratiqués, selon la catégorie de l’hébergement :
- Campings et terrains de caravaning classés : de 0,20 € à 0,60 € par nuit et par personne
- Hôtels de tourisme non classés ou une étoile : entre 0,50 € et 1,00 €
- Hôtels deux étoiles : de 0,70 € à 1,50 €
- Hôtels trois étoiles : 1,00 € à 2,00 €
- Hôtels quatre étoiles : 1,50 € à 3,00 €
- Hôtels cinq étoiles et palaces : de 2,00 € à 4,00 €
- Meublés de tourisme et résidences de tourisme : 0,50 € à 4,00 €, selon le classement
Certains territoires ajustent ces montants en fonction de la saison : la taxe peut ainsi grimper en période de forte affluence, puis redescendre hors saison. La flexibilité permet de répartir plus équitablement les contributions, en tenant compte du flux touristique réel.
Les recettes issues de la taxe de séjour sont utilisées pour des actions concrètes en faveur du tourisme : rénovation des infrastructures, organisation d’événements locaux, embellissement des espaces publics… Chaque euro collecté peut se traduire par une amélioration visible lors de votre prochain séjour.
Qui peut être exonéré de la taxe de séjour ?
La réglementation en vigueur prévoit des exonérations destinées à alléger la facture pour certaines personnes. Ces mesures ont pour but de prendre en compte des situations spécifiques, qu’il s’agisse d’âge, de statut professionnel ou de précarité. Les principaux cas d’exemption sont les suivants :
- Mineurs : les enfants et adolescents de moins de 18 ans n’ont pas à régler la taxe.
- Travailleurs saisonniers : les personnes employées temporairement sur la commune bénéficient d’une dispense.
- Bénéficiaires d’un hébergement d’urgence ou temporaire : cela concerne notamment ceux hébergés dans des centres d’accueil, des foyers ou des structures médicales.
- Personnes en situation de précarité : certaines collectivités accordent une exonération sur critères sociaux ou de ressources.
Les conseils municipaux peuvent également adopter des règles spécifiques par délibération, ajoutant d’autres profils à la liste des exonérés. Il est donc judicieux de vérifier les décisions locales pour être certain de sa situation.
Du côté des plateformes de réservation comme Airbnb, Booking ou Abritel, la collecte et la déclaration tiennent compte automatiquement des exonérations prévues par la réglementation et les décisions municipales. Cela garantit une application fidèle des règles, sans que le voyageur ait à se soucier des démarches.
Pour les hébergeurs, rester informé des modalités locales s’impose pour appliquer correctement la taxe ou accorder une exonération. La consultation des sites officiels des collectivités est le meilleur réflexe pour éviter tout impair.
La taxe de séjour, loin d’être un simple supplément sur la facture, agit comme un levier discret mais puissant au service des villes et villages touristiques. À chaque réservation, c’est un peu du paysage local et de l’accueil qui s’invente pour demain.


